Biography

Expositions

2010 – Fondation Peugeot à Paris – prix de la sculpture ‘La mort du soleil’
2010 – Fondation Peugeot à Paris – exposition collective
2015 – la galerie Caroline Tresca à Paris – exposition personnelle
2015 – la galerie YenakArt Villa à Bangkok – exposition collective
2016 – la galerie Caroline Tresca à Paris – exposition collective ‘le Blanc’
2016 – Art Stage à Singapour avec la galerie YenakArt Villa
2016 – la galerie Caroline Tresca à Paris – exposition collective ‘Nature’
2016 – Galerie Art Cube à Paris – exposition collective ‘la vigne’
2016 – 3W gallery à Reims – exposition collective
2017 – Vivienne Art Galerie à Paris – exposition personnelle ‘Parcours d’une vorace’
2017 – Au Suspenso à Lisbonne – exposition collective
2018 – Ibugallery à Paris – exposition personnelle
2018 – HOMA à Lisbonne – exposition collective
2018 – Les Flâneries d’Aix en Provence – exposition collective
2018 – Loo&Lou Gallery à Paris – exposition à 2 artistes‘L’Impermanence’
2018 – La Galerie d’Art à Lyon – exposition personnelle‘L’Envol’
2019 – Loo&Lou Gallery au Grand Palais – ArtParis – exposition à 3 artistes

Expositions à venir

Septembre 2019 – Galerie Axelle Gaussen à La Rochelle -exposition collective ‘Année Ophélia’

Site : www.catwilk.com

Avec une carrière de comédienne depuis l’adolescence, – un jour, il y a 16 ans, la nécessité de mettre les mains dans la matière organique s’impose à moi et me devient aussitôt vital. La terre me libère de la boulimie, elle me ‘sauve’ la vie.

Je me lance dans la céramique avec un instinct primaire, animal, guidée par une impulsion profonde irrépréhensible. L’intellect ne rentre pas en jeu, l’impulsion vient du plus profond de mon être, mon exploration est souterraine et organique. Pour m’y consacrer totalement, j’installe mon atelier et mon four de 2m de haut sur 1,50m de large dans mon appartement. Je commence par sculpter la faïence, avec comme terre de prédilection, un grès noir très chamotté. Mon travail est physique et sensuel.

Je renifle la terre, je la malaxe, je mets les doigts dedans, je la caresse des heures, je la froisse, je la brise, je la griffe jusqu’à ce que la forme jaillisse… Dans les premières années, des têtes hurlantes, des visages de femmes ou d’enfants griffés comme pleurant, des corps déchirés, lacérés, des mains jointes dans la prière… La terre est une matière vivante avec ses propres lois, qui réclame de l’attention, une écoute, elle est mon guide dans notre union – juste mes doigts, aucun outil entre elle et moi, un combat à mains nues, une bataille acharnée et sauvage, un duel d’amour qui s’affronte jusqu’à la confusion, l’oubli, ni dominant ni dominé, un jeu d’équilibre, je cherche la faille, je flirte avec le danger, j’explore le point de jonction, l’ultime point d’équilibre, l’instant où tout bascule, où l’accident jaillit, où la rencontre se produit, qui donne la vie, où la terre s’affirme et s’impose dans la création. Alors la sculpture naît.

Mon ventre n’accouchant que de monstres, il y a six ans, l’envie d’accéder à davantage de douceur dans mes œuvres m’attire. Je décide de me confronter au blanc, à sa pureté et donc à l’extrême finesse de la porcelaine. Très vite je comprends que pour prendre forme, elle nécessite beaucoup de patience et d’amour. J’adopte aussitôt cette terre et l’explore en autodidacte. Je me plais à la détourner de son apparente délicatesse pour la gratter, la fissurer, l’écorcher, l’éclater, l’amener à vibrer autrement, sonder au delà de son apparence.

Sollicitée pour exposer, pendant plus de dix ans je refuse de montrer mon travail, je refuse le regard de quiconque sur mes guerrières, sur mes monstres, sur mes bébés que je chéris. Je revendique cet art comme mon expression libre, je le protège du jugement, de la critique aisée. Je prends le temps d’apprendre à me foutre du regard de l’autre. Il est mon luxe.

Mes sculptures s’inspirent et se nourrissent depuis toujours de la figure féminine, avec pour thème obsessionnel : la naissance, le chaos, la mort – la renaissance – et me procurent la jouissance d’accoucher éternellement, à partir d’une sensation, d’un mot, d’une image qui m’obsède ou s’impose dans l’instant… Puisque la vie c’est l’impermanence, puisque nous ne cessons de naître, de n’être plus, de n’être pas encore…

« A la fois mystique et baroque, l’univers artistique de Catherine Wilkening entremêle rêves et cauchemars, brutalité et raffinement, et le sombre au blanc. La représentation omniprésente de croix, de totems, de femmes cannibales, de femmes fleurs, d’aigles, de chrysalides, de coraux… évoque des légendes, des mythes en lien avec ses émotions profondes.»